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Guide sur l'absentéisme
pour les managers

La pyramide de l'absentéisme

Vouloir prévenir l’absentéisme, c’est d’abord chercher à agir au bon endroit. L’expérience nous a appris à distinguer trois grands périmètres dans l’absentéisme

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1 – L’absentéisme « structurel »

L’absentéisme structurel est souvent indépendant de toute mesure interne à l’entreprise. Il peut être plus ou moins important selon les entreprises, mais celles-ci ne peuvent pas, sauf à faire évoluer leur démographie, intervenir directement sur son niveau.

C’est le cas en premier lieu des congés maternité ou encore des absences autorisées pour des démarches personnelles. Sauf à avoir dans l’effectif de votre entreprise que des hommes, vous êtes nécessairement confronté à cet absentéisme que nous appellerons « structurel » sur lequel les moyens d’action sont faibles.

Une fois les absences structurelles écartées de notre champ d’analyse, il reste un périmètre sur lequel l’entreprise peut agir de manière préventive. Nous l’appellerons l’absentéisme « conjoncturel ».

2 – L’absentéisme « conjoncturel »

L’absentéisme conjoncturel comprend les absences sur lesquelles l’entreprise peut agir en totalité ou en partie.

Au premier rang de ces absences, on pense aux arrêts de travail pour accidents du travail ou maladie professionnelle. En effet, les accidents du travail peuvent avoir des causes matérielles (absence d’utilisation des moyens de prévention ou de sécurité, manque de prévention sur les risques professionnels).

Dans le même esprit que l’amélioration de la qualité, en matière d’amélioration de la sécurité, une approche méthodique sur la recherche des causes et des risques et une politique volontariste sont généralement suivies d’effets.

Seulement, nombre d’employeurs ne font pas autant d’efforts pour améliorer la sécurité de leur personnel que pour améliorer la qualité de leurs produits, considérant peut-être le retour sur investissement moins élevé. Philippe Askenazy, dans son livre Les désordres du travail, démontre l’intérêt qu’il y a pour l’entreprise à investir sur la sécurité des femmes et des hommes au travail.

Ce n'est plus seulement de santé physique dont il s'agit. Aujourd'hui, l'employeur est aussi responsable de la bonne santé mentale de ses collaborateurs. D'après la caisse nationale d'assurance-maladie, près de 30 % des arrêts de travail pourrait avoir comme origine le stress et le mal-être psychologique. La France est championne du monde de la productivité mais est aussi championne du monde de consommation de psychotropes. Y a-t-il un lien entre les deux ?

De la prévention il en faut encore en ce qui concerne la santé des salariés en dehors de la vie professionnelle. Pourquoi pensez-vous que les entreprises américaines investissent dans la prévention contre l’alcoolisme, le tabagisme ou l’obésité ? Leurs actionnaires ne sont pas spécialement connus pour leurs qualités de « bons Samaritains ». Le jeu doit en valoir la chandelle. Un salarié en meilleure santé c’est un salarié plus efficace. Tout le monde y trouve son compte, les salariés et les actionnaires ; pourquoi s’en priver ? C’est ce qui nous amène à penser que la prévention des addictions doit aussi être considérée dans l’absentéisme « conjoncturel ».

3 – L’absentéisme « dysfonctionnel »

Nous voyons que, sur l’absentéisme « conjoncturel », les entreprises ont des marges de manœuvre, et le plus souvent elles les utilisent pour agir. Mais même si elles sont allées au bout des mesures de prévention, il n’en restera pas moins un périmètre sur lequel les actions de prévention n’auront que peu d’efficacité.

Les absences qu’on retrouve dans ce dernier périmètre sont essentiellement dues à la démotivation et au désengagement nés de situations de travail ou relationnelles mal tolérées.

Cet absentéisme que nous appellerons absentéisme « dysfonctionnel » est plus difficile à débusquer. Il vient, comme son nom l'indique, des dysfonctionnements existant dans l'entreprise : dysfonctionnements de l'organisation, incohérence de la communication, dégradation des relations, style de management inadapté,...).

Cet absentéisme ne dit pas son nom et il est multiple. On le trouve dans presque toutes les formes d’absentéisme. Bien sûr dans les absences non autorisées qui ne sont que rarement dues à des cas de « force majeure », mais aussi dans la maladie rémunérée et dans certains accidents du travail.

Ces accidents peuvent être le résultat d’une démobilisation du personnel. Non que les salariés « s’auto-accidentent », mais de manière consciente ou inconsciente la démotivation les amène à faire des erreurs ou à être moins vigilants dans leurs gestes professionnels. Dans la mesure où l’absentéisme d’une entreprise augmente, c’est souvent dans l’absentéisme « dysfonctionnel » que l’évolution se fait le plus sentir.

Pour aller plus loin, consultez nos formations, par exemple Prévenir l’absentéisme et nos prestations d’intervention en entreprise, par exemple Agir sur les facteurs de l’absentéisme.