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Pour réduire l’absentéisme, donnez envie de venir travailler

Pour réduire l’absentéisme, donnez envie de venir travailler


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Prometteur : les actions sur le bien-être au travail, la motivation et l’engagement font baisser le taux d’absentéisme. Et si, tout simplement, on donnait davantage envie de venir travailler ?

Pourquoi les cadres sont-ils trois fois moins absents que les employés ? Pourquoi les experts métiers sont-ils plus assidus que les généralistes ? Pourquoi, dans les centres de tri postal, les ex-facteurs sont-ils moins absents que leurs collègues qui n’ont jamais distribué le courrier ?

« L’idée qu’on se fait de son rôle, le sens qu’on donne à son action quotidienne ont un impact déterminant sur l’envie de venir travailler, répond Pascal Gallois, de Pactes Conseil. Vous ne vous absentez pas à la légère si vous avez conscience que l’activité va être désorganisée ou que vos collègues seront pénalisés. »

Un effet plus durable qu’une augmentation ou une prime

Les centres d’appel en offrent un parfait contre-exemple. Les téléopérateurs sont parfois organisés par équipes de 30. Ils travaillent à des horaires différents et ne se croisent jamais. Impossible de susciter un esprit d’entraide. Impossible de glisser l’idée que l’absence de l’un sera préjudiciable aux autres. Et l’absentéisme dépasse parfois 10%...

On réduira donc la taille des équipes, en fixant des objectifs collectifs et non individuels. On revalorisera le métier : téléopérateur, mais plutôt pour le traitement des réclamations, la vente de produits, le dépannage des utilisateurs ? On développera la solidarité : qui peut former des collègues à sa spécialité ?

Dans ce secteur et dans d’autres, l’incitation à la présence peut prendre d’autres formes : laisser les équipes s’organiser sur les horaires ou la gestion des pics d’activité ; valoriser les contributions, par exemple l’ouverture matinale d’une agence par une assistante ; donner des marges de manœuvre, même minimes, pour permettre des choix individuels...

« Ces actions ont un double impact, pour ce qu’elles apportent et parce qu’elles montrent une volonté de prendre en compte les conditions de vie des salariés. Elles ont un effet plus durable qu’une augmentation ou une prime. »

Mauvaises conditions de travail, fort absentéisme

Les causes du mal résident parfois dans la dégradation des conditions de travail. Pactes Conseil est intervenu dans une chaîne de supérettes où l’absentéisme variait fortement d’un magasin à l’autre. Après analyse, les sites les plus touchés étaient les plus mal lotis en transports en commun. Et les salariés les plus « absents » étaient souvent des parents isolés. Les horaires ont été assouplis et l’absentéisme a chuté.

Dans la même enseigne, les agents de maîtrise récemment recrutés pour devenir chefs de rayon battaient des records d’absentéisme. La raison ? Ils remplaçaient trop souvent à leur goût des magasiniers eux-mêmes souvent absents.

L’entreprise a revalorisé le rôle des agents de maîtrise (rémunération à l’embauche, responsabilités) et limité leurs amplitudes horaires. Les agents de maîtrise intéressés ont pu s’investir dans leurs objectifs de chiffre et de marge, et sont devenus bien plus assidus.

« Ces pistes ne remettent pas en cause les outils classiques : suivi des taux, communication régulière, entretiens de retour, conclut Pascal Gallois. Mais elles permettent, en renversant l ’approche, de traiter les sources du sur-absentéisme et pas seulement ses effets. »