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Tensions sociales : il est urgent de se préparer

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Scénario 1 : Syndicats inexistants : le lieu de tous les dangers

Vous n'étiez confrontés jusqu'ici qu'à une présence syndicale “inodore”, il était facile de signer des accords avec un DS quelque peu instrumentalisé. Attention : le paysage va changer du tout au tout ! Conclure des accords avec une seule signature, c'est fini : il vous faudra réunir au minimum l'équivalent de 30% des exprimés. Négocier sans difficulté avec un DS coopératif, c'est fini : vos nouveaux interlocuteurs auront une réelle légitimité, issue du vote ou ils disparaîtront. La règle des 10% peut faire surgir un militant syndical excessif, contestataire ou en prise avec des demandes de la base. Sur un terrain syndicalement en friche, tout est possible.

Le DRH sera contraint d'accepter ce nouvel état de fait, ce qui ne sera pas forcément facile, et devra établir une stratégie de dialogue avec des leaders qu'il n'aura pas choisis. Or, le contexte précédent ne lui en a pas forcément donné l'habitude ; s'il manque d'expérience et d'assurance, le dialogue avec ces DS “tout neufs” qu'il ne connaît pas sera difficile. Le scénario de tous les dangers.

Scénario 2 : Syndicat majoritaire : des exigences revues à la hausse

Partout où un syndicat majoritaire se dégageait déjà, celui-ci va bénéficier d'une légitimité renforcée : il deviendra impossible de signer un accord sans lui, de mener des négociations au rabais pour signer avec un “petit” ou d'espérer établir un lien de connivence. Avant d'entamer une négociation, le DRH devra donc peser avec soin ses chances d'aboutir : attention aux spécialistes du retrait !

Cela étant, ce syndicat devenu incontournable ne pourra pas tout refuser en bloc. On peut s'attendre à ce qu'il consulte plus souvent et longtemps sa base, qu'il pèse méticuleusement avantages et inconvénients des projets d'accords, qu'il exige des clauses de mise en oeuvre bien précises (circulaires d'application co-signées, par exemple). A ces conditions, il lui sera possible de partager les risques et les victoires avec la direction, qui doit s'attendre à des négociations plus longues et plus complexes que par le passé.

Scénario 3 : Syndicats divisés : des alliances à géométrie variable

Le DRH qui fait face à trois ou quatre syndicats va être confronté après les prochaines élections à un paysage très mouvant. Les alliances seront obligatoires pour négocier et signer des accords ; mais ces alliances risquent d'être changeantes selon le sujet, les termes de la négociation ou le climat social du moment. Les “petits” syndicats autrefois négligés apprendront à se faire désirer. Tous hésiteront avant d'apposer leur signature, au risque de réduire les compromis au plus petit dénominateur commun.

Le risque d'un tel scénario est l'instauration d'un climat de méfiance permanent. Une meilleure issue, pour le DRH, réside dans un dialogue ouvert et respectueux avec chacun de ses partenaires, notamment dans le cadre de relations bilatérales, pour pouvoir le moment venu s'engager en partageant les responsabilités. Le “métier” et les qualités de négociateur des interlocuteurs seront déterminants.

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